lundi 16 mars 2015

Une date, un homme : 16 mars 1859 - Alexandre Stépanovitch Popov

Source Wikipédia
Alexandre Stépanovitch Popov  est né le 16 mars 1859 à Turinskiye  Rudniki – aujourd’hui Krasnotourinsk  - près de la ville de Perm dans l’Oural. Quatrième enfant d’un fratrie de sept, son père est pasteur orthodoxe. Il commence ses études à l’école élémentaire de Dalmotovo, puis intègre l’institut de théologie d’Ekaterinbourg avant de rejoindre à l’age de quatorze ans le séminaire de Perm. Il y étudie, outre la théologie, les mathématiques et la physique avec passion. En 1877, âgé de dix-huit ans, il entre à l’université de Saint Petersbourg.

Sa  famille ne pouvant assurer financièrement ses études, il obtient une bourse mais est obligé de travailler pour subvenir à ses besoins. Il donne des cours particulier et travaille également à la compagnie électrotechnique de Saint Petersbourg. Cinq ans plus tard, en novembre 1882, il obtient son diplôme universitaire et devient assistant de laboratoire.  L’année suivante, l’école des officiers torpilleurs de la marine de Kronstadt – base navale russe de la mer Baltique de l’île de Kotlin – lui offre une chaire de professeur. Il accepte cette offre qui lui permettra de disposer du laboratoire de l’école, l’un des mieux équipés pour l’époque d’une part, mais aussi pour le salaire, plus élevé que dans l’enseignement, lui permettant de mieux subvenir au besoin de son jeune couple, d’autre part.

Fondée en 1874, l’école des officiers torpilleurs russe assure la formation des officiers et des électriciens servant sur les navires de la flotte russe. Les cours relèvent du domaine des explosifs, des mines sous-marines et de l’électricité. Alexandre Popov y enseigne cette dernière discipline mais il a également la charge le laboratoire d’électricité et de magnétisme où il passe beaucoup de temps. L’échauffement des métaux parcourus par un courant, l’isolement des câbles électrique à bord d’un navire seront ses premiers domaines de recherche.

En 1893, il représente l’école des torpilleurs à l’exposition internationale de Chicago au cours de laquelle le troisième congrès électrique international se tient. C’est au cours de ce congrès qu’un grand nombre de résolutions concernant les mesures en électricité seront adoptées, ces dernières étant pour la plupart toujours en vigueur aujourd’hui.

A: antenne  B: sonnette  C: cohéreur  E: électro aimant
G: terre  L: bobine de blocage  R: relais  V: pile
L’année suivante le physicien anglais Olivier Lodge publie dans la revue « The Electrician » une étude sur son expérience  de transmission sans fil en utilisant un éclateur de Hertz et le tube à limaille de Branly. Sa lecture va orienter les futurs travaux d’Alexandre Popov. S’appuyant sur les travaux de Hertz, il va construire un générateur d’ondes électromagnétiques performant, puis un récepteur. Son système est bâti autour du cohéreur, autre appellation du tube à limaille de Branly. Il réalise alors le premier récepteur de signaux de télégraphie sans fil. Il va perfectionner son récepteur en y ajoutant un fil  et le relier à la terre, améliorant ainsi sa sensibilité. L’antenne de réception déjà entrevue par Branly est née.

Alexandre Popov présente ses travaux  à la Société Russe de Physique et de Chimie le 7 mai 1895, date qui deviendra historique en Russie. Ses travaux seront publiés intégralement dans le journal de la Société Russe de Physique et de Chimie que sept mois plus tard, Popov n’ayant de cesse d’e perfectionné son dispositif. En 1896, il réalise avec son assistant Rybkin une transmission télégraphique sur une distance de 200 mètres. En hommage au savant allemand qui a découvert les ondes électromagnétiques, il transmet les treize lettres de son nom «  Heinrich Hertz ». C’est la première transmission d’une information à distance sans fil. Le 7 mai est devenu en Russie la journée de la radio en commémorant cet événement.

En  mars 1897, Alexandre Popov  évoque, devant un parterre d’officiers de l’armée russe,  les possibilités d’utiliser la télégraphie pour assurer des liaisons entre les navires en mer et la terre. Conscient de l’intérêt d’une telle possibilité, l’état-major russe débloque des fonds pour qu’il poursuive ses recherches. Au cours de l’été de la même année, des essais se déroulent dans le port de Kronstadt, des signaux sont transmis entre deux navires distants de plus de 750 mètres. Les travaux continuent, et un émetteur puissant est construit sur l’ile de Teikarsari, tandis qu’une station est installée sur un navire en mer. Des distances de plus de six kilomètres sont alors réalisées. Dès 1898, des communications régulières sont établies entre le cuirassier Afrika et le transporteur Yerrop démontrant la fiabilité et l’efficacité des installations.

Alexandre Popov s’attelle alors à la phase « production » : formation des exploitants des stations, fabrications des appareils dans un atelier de Kronstadt.  La France participera activement à cette phase grâce à Eugène Ducretet avec la création des appareils Popov-Ducretet.

En 1989, lors du dépannage d’un système de réception, les assistant de Popov font une découverte. Ils remplace le relais sensible en série avec le cohéreur par un écouteur téléphonique. La sensibilité s’est accrue, mais les signaux sont audibles à l’oreille autorisant ainsi la lecture au son. Des essais en mer permettent alors de réaliser des liaisons sur une distance de trente-six kilomètres. Cette découverte fait l’objet de dépôts de brevet en Russie, Grande-Bretagne et France.

Un nouvel essor au développement de la radio interviendra à l’automne 1899. En novembre de cette année, le navire russe Général-Amiral Apraksin est pris dans les glaces au large du golfe de Finlande près de l’Ile de Gogland. Pour porter assistance à l’équipage, les autorités russes vont installer des stations sur des iles proches de l’accident. Au cours du mois de janvier 1890, le brise-glace Yermack équipé d’une radio rejoint la zone. Le 24 janvier de l’amirauté russe parvient au brise-glace l’informant que des marins-pêcheurs sont à la dérive sur un bloc de glace. Dès le lendemain, le navire russe récupère sains et saufs tous les marins. Le premier sauvetage en mer est réalisé avec l’assistance de la radio. Par la suite, le brise-glace et les stations installées sur les iles trafiquent régulièrement jusqu’à ce que l’Aprakin puisse être débloqué des glaces.

En 1900, le quatrième congrès électrique international se déroule à Paris et POPOV y fait un compte-rendu détaillé de cette expérience et des possibilités offertes par la radio pour communiquer et secourir en mer. Au cous de l’exposition universelle et internationale de Paris qui s’est déroulé la même année, Alexandre Popov reçoit la Grande Médaille d’Or.

En 1902, Alexandre Popov est titulaire d’une chaire de professeur de physique à l’institut électrotechnique de Saint Petersbourg tout en continuant ses cours aux officiers  de marine. En septembre 1905, il est élu, à l’unanimité par l’ensemble de ses pairs, directeur de l’institut. A cette période, le régime du Tsar Nicolas II doit faire face à la révolution et lutte contre les mouvements ouvriers et étudiant. Le gouverneur de la ville de Saint Petersbourg demande à Alexandre Popov de dénoncer les étudiants révolutionnaires. Il refuse de les dénoncer et de jouer le jeu du gouvernement. 

Le 13 janvier 1906 il décède à cinq heure du matin  d’une hémorragie cérébrale. Un des pionnier de la TSF le premier concepteur d’un véritable récepteur de signaux télégraphiques disparaît à l’âge de quarante-sept ans. 

Lors du congrès 2011 de l’Union internationale des télécommunications, M. Igor Chtchyogolev, Ministre des Télécommunications et des Mass Media de la Fédération de Russie avec le Dr. Hamadoun Touré, Secrétaire Général de l’UIT, a inauguré la salle de conférence "Alexander Stepanovich Popov" au quartier-général de l'Association Genève.

Merci de votre visite

Richard
F4CZV
73

Bibliographie  : Les pionniers de la radio  Jean-Serge Bernault 2013 

1 commentaire:

  1. A.S. Popov, l'un des pionniers de la Radio, malheureusement trop peu connu en France malgré l'importance de ses travaux.
    J-S Bernault

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