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lundi 23 octobre 2017

Drones et Radioamateurs


Depuis un peu plus d'une décennie le mot "drone" est entré dans notre langage courant. Ce terme, d'origine anglaise dont la traduction en français est faux-bourdon (mâle de l'abeille),  désigne d'abord et surtout un avion-cible.  Le nom a été donné par dérision dans les années 1930 au Royaume-Uni à des DH.82 Queen Bee, la version automatisée pour servir d'avions-cibles du De Havilland DH.82 Tiger Moth : leur vol lent et bruyant ressemblait plus à celui du bourdon à la vie éphémère qu'à celui d'une reine abeille (Queen Bee). Ce nom fut repris par l'armée américaine dès 1941.

Le drone, un aérodyne automatisé et le système associé de mise en œuvre, est aussi appelé « UAV » (pour « Unmanned Aerial Vehicle », soit « véhicule aérien sans humain à bord ») et de plus en plus souvent « UAS » (pour « Unmanned Aircraft System », soit « système d'aéronef(s) sans humain(s) à bord »).

Les drones peuvent avoir des usages militaires ou civiles. Les conflits en cours nous ont montré les différentes applications des drones militaires -destructions de cibles, appui des forces au sol, missions de renseignements - et les noms de Predator, Reaper, Patrolleur et autres sont devenus familiers à nos oreilles. Les applications civiles sont multiples et de nouvelles apparaissent tous les jours dans l'agriculture, la météorologie, l'écologie, l'entretien de bâtiments ou de lignes électriques, la surveillance de la circulation routière, la prise de vue .....

Au cours des dernières années,le terme drone a acquis un autre sens. Les drones quadrirotor sont de plus en plus utilisés pour leur capacité à embarquer une caméra numérique et les nouveaux angles de prise de vue qu'ils offrent une fois en vol grâce à leur stabilité. L'opérateur reçoit les images directement sur une tablette tactile par exemple ou un poste de commande, ou les récupère après le vol.

Ces machines revêtent, sauf pour les modèles bas de gamme dans la catégorie des jouets, des caractéristiques communes:

- légèreté, puissants moteurs électriques,
- batteries au lithium-polymère,
- microprocesseurs et capteurs permettant le recueil de données GPS, cap, altimètre, accéléromètre,
- caméra vidéo légère, petite en haute définition,
- tablettes et téléphones pouvant être utilisés comme contrôleur,
- connexion Wifi....

et compte tenu de l'évolution des technologies, nous pouvons nous attendre à un flux constant d'améliorations.

Les Radioamateurs peuvent trouver dans l'utilisation des drones plusieurs applications. La première sera sans doute la prise de vue aérienne des différentes antennes et du shack. Les images ainsi récoltées viendront en complément de celles des équipements (émetteurs et autres) dans le cadre d'une présentation vidéo de la station ou en photographie pour la conception des cartes QSL. Mais au-delà des belles images, l'emploi d'un drone offre d'autre possibilités.

Il peut être utilisé pour inspecter un pylône et les antennes qu'il supporte. Si rein ne vaut une inspection pratique par un grimpeur qualifié, n'oublions pas que la population des radioamateurs vieillit et que grimper devient de plus en plus dangereux avec l'âge. Beaucoup d'entre nous inspecte leurs aériens et supports à l'aide de jumelles. Le drone leur offrira une vision plus détaillée et sous tous les angles différents, autour et au-dessus.

Le drone peut être aussi utilisé comme support d'une antenne filaire verticale selon le même principe que le cerf-volant ou le ballon. Il faudra bien évidemment tenir compte de la force de levage du drone et des caractéristiques du fil utilisé (longueur et jauge). L'avantage du drone est qu'il permettra d'assurer une verticalité quasi parfaite même en cas de vent alors qu'avec les autres moyens de levage la verticalité est rarement de mise. Le seul inconvénient réside dans le temps de décharge des batteries, limitant bien souvent le temps d'utilisation à une vingtaine de minutes. Mais nous pouvons très bien concevoir l'éjection d'une verticale filaire quart d'onde pour la bande des 160 mètres en utilisant le phénomène de la grey-line (ligne grise) pour chercher une ouverture au lever ou au coucher du soleil. Une technique que les DXpeditions pourrait utiliser dans certains cas. 

L'antenne filaire dont une ou parfois les deux extrémités sont attachées à des arbres par l’intermédiaire de cordes est courante. Nous sommes très nombreux à avoir jouer à Thierry La Fronde  pour accrocher nos "ficelles" dans ces arbres, souvent sous l’œil étonné de nos voisins....Bien souvent nous aurions préféré que ce "long fil" passe au-dessus des arbres. Par expérience, nous savons que cela est irréalisable depuis le sol. Le drone pourrait dans ce cas nous être fort utile, nous permettant de survoler l'arbre. Il faut admettre que cette technique doit être étudier et planifier avec soins si nous ne voulons pas que le notre drone se "plante" dans l'arbre en question et qu'il devienne irrécupérable.  Comme dans le cas de l'antenne verticale, il faut d'abord voir le rapport force de traction du drone avec la longueur et le poids du fil. Après il faut "étudier un plan de vol" pour déterminer un axe de vol ascendant, fixer une hauteur de sécurité par rapport au faîte de l'arbre et prévoir un axe de descente tout en prévoyant un dispositif de protection des hélices afin qu'elles ne heurtent pas le fil, ce qui pourrait être fatal pour notre drone. Pratique à réserver aux pilotes confirmés de drones, à mes yeux.

Nos pylônes sont en général peu apprécié de nos voisins, proches et moins proches, nous accusant de "polluer" le paysage. L'utilisation d'un drone avant l'implantation d'un pylône permettrait grace à la télémétrie et altimétrie de déterminer l'endroit ou il présenterait le moins de gêne visuelle. Il permettrait également de voir le point d'implantation qui offre un dégagement sur 360°.

Enfin, le drone pourrait être utilisé pour effectuer des mesures du champ électromagnétique en l'équipant du sonde de mesure de champ. Les données ainsi relevées seraient alors comparées à celles calculées par le logiciel de modélisation. Nous pourrions même envisager de mesurer la puissance de sortie à l'antenne. Voir à ce sujet la publication de l'ANFR du 27 septembre 2017 (ICI)

Rappel : l'utilisation d'un drone en France est soumis à réglementation. Consultez le site data.gouv.fr en cliquant (ICI).

D'après un article de Greg Ordy,W8WWV, publié dans le  National Contest Journal de mars-avril 2015

Source: NCJ - QRZ Now - Wikipédia - ANFR 

Richard

F4CZV
73


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